Cellules zombies : que sont-elles et comment s’en débarrasser ?
Les cellules zombies semblent tout droit sorties d’un film d’horreur, mais elles existent tout simplement dans notre corps. Leur nom scientifique est cellules sénescentes : des cellules qui ont cessé de se diviser mais ne disparaissent pas.
La sénescence en soi est un processus normal, et parfois même utile. Elle joue par exemple un rôle dans la cicatrisation et empêche des cellules endommagées de continuer à se diviser de façon incontrôlée. Cela devient particulièrement intéressant quand les cellules sénescentes s’accumulent de plus en plus au cours du vieillissement.¹

Que sont les cellules zombies ?
Quand une cellule est endommagée, par exemple par des dommages à l’ADN, le stress oxydatif ou le raccourcissement des télomères, elle peut cesser de se diviser. Au lieu de disparaître par mort cellulaire programmée (apoptose), certaines de ces cellules restent présentes.
Ces cellules sénescentes peuvent sécréter des substances regroupées sous le nom de phénotype sécrétoire associé à la sénescence (SASP). Pensez aux signaux inflammatoires, aux facteurs de croissance et aux enzymes qui affectent les cellules et tissus environnants.¹
Une présence temporaire de cellules sénescentes peut être utile. Quand elles s’accumulent sur une longue période, la recherche relie cela à des processus inflammatoires chroniques, à une moindre capacité de réparation des tissus et à divers changements qui surviennent au cours du vieillissement.²
Pourquoi les cellules sénescentes apparaissent-elles ?
La sénescence cellulaire peut naître de diverses formes de stress. Les facteurs importants sont :
- dommages à l’ADN
- raccourcissement ou dommages des télomères
- stress oxydatif
- dommages aux mitochondries
- stress métabolique
- processus inflammatoires de longue durée
- rayonnement UV et autres influences environnementales
L’âge joue aussi un rôle important. En vieillissant, non seulement davantage de cellules sénescentes apparaissent, mais le système immunitaire devient aussi moins efficace pour les reconnaître et les éliminer.²
Pouvez-vous réduire vous-même les cellules zombies ?
Vous ne pouvez pas simplement « éliminer à l’entraînement » les cellules sénescentes ni les supprimer avec un seul aliment. Ce qui devient plus clair, en revanche, c’est que le mode de vie influence des processus associés à la sénescence cellulaire.
Exercice
Une activité physique régulière est l’un des facteurs les plus intéressants. Des études chez l’humain et l’animal montrent que l’activité physique est associée à des niveaux plus faibles de divers marqueurs de sénescence cellulaire.³
L’exercice agit aussi sur les processus inflammatoires, le métabolisme, les mitochondries et sur un processus appelé autophagie. C’est le système par lequel les cellules éliminent et recyclent les composants endommagés.
Une combinaison de mouvement quotidien, de cardio et de musculation forme donc une base solide, y compris du point de vue de la santé cellulaire.
Alimentation et apport calorique
L’alimentation reçoit aussi beaucoup d’attention. La restriction calorique sans malnutrition, en particulier, a été largement étudiée.
Dans l’étude CALERIE chez l’humain, une restriction modérée de l’apport calorique pendant deux ans a conduit à des valeurs plus faibles pour divers biomarqueurs associés à la sénescence cellulaire.⁴
Cela ne veut pas dire que manger peu sur une longue période est raisonnable pour tout le monde. Une alimentation saine avec assez de protéines, de légumes, de fruits, de légumineuses, de produits complets et de bonnes graisses reste la base.
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Et le jeûne dans tout ça ?
Le jeûne intermittent est souvent cité comme un moyen de stimuler l’autophagie et d’éliminer les cellules zombies. Les signaux intéressants à ce sujet viennent surtout de la recherche animale et en laboratoire.
Chez l’humain, il existe davantage de preuves pour la restriction calorique et la santé métabolique que pour une élimination réelle des cellules sénescentes par le jeûne. Le champ de recherche autour du moment des repas, de l’autophagie et de la sénescence évolue encore rapidement.
Sénolytiques : la recherche ciblée sur les cellules zombies
Les scientifiques étudient aussi des substances qui ciblent spécifiquement les cellules sénescentes. On les appelle des sénolytiques.
Les cellules sénescentes disposent de divers mécanismes pour se maintenir en vie. Les sénolytiques tentent de perturber précisément ces mécanismes de survie, afin que les cellules puissent tout de même être éliminées.
L’une des combinaisons les plus connues est le dasatinib et la quercétine. Dans une petite étude pilote chez neuf personnes, un nombre plus faible de cellules sénescentes et des changements des marqueurs associés ont été mesurés après trois jours de traitement.⁵
Cette recherche a suscité beaucoup d’intérêt pour les substances qui pourraient avoir des propriétés sénolytiques.
Quelles substances naturelles sont étudiées ?
Plusieurs substances naturelles reviennent dans la recherche sur la sénescence cellulaire.
Quercétine
Un flavonoïde présent entre autres dans les oignons, les pommes et les baies. Quercétine est l’une des substances naturelles les plus connues de la recherche sur les sénolytiques et a été étudiée entre autres en combinaison avec le dasatinib.⁵
Fisétine
Un flavonoïde présent dans les fraises, les pommes et d’autres aliments d’origine végétale. La recherche animale en particulier montre des résultats intéressants autour des cellules sénescentes. La fisétine est aujourd’hui aussi étudiée dans des essais cliniques.
Resvératrol
Un polyphénol présent entre autres dans le raisin et les baies. Le resvératrol est surtout étudié en lien avec SIRT1, le stress oxydatif, l’autophagie et d’autres processus associés au vieillissement cellulaire.
Curcumine
Cette substance bien connue du curcuma revient elle aussi dans la recherche en laboratoire sur les processus inflammatoires, le stress oxydatif et la sénescence cellulaire.
Les précurseurs du NAD+ comme le NMN et le NR sont également très étudiés dans le cadre du vieillissement cellulaire. Ils ne font pas partie des sénolytiques classiques, mais ils sont intéressants parce que le NAD+ participe au métabolisme énergétique et à divers processus d’entretien cellulaire.
Les cellules zombies font aussi partie du corps
L’objectif n’est pas d’éliminer toutes les cellules sénescentes. La sénescence a aussi des fonctions utiles, par exemple dans la cicatrisation, la réparation des tissus et la protection contre une division cellulaire incontrôlée.¹
La recherche sur la longévité se concentre donc surtout sur l’équilibre : éviter que les cellules sénescentes s’accumulent de façon excessive et comprendre comment le corps peut réguler ces cellules de manière saine.
L’exercice, une alimentation saine et la santé métabolique forment ici une base pratique. En même temps, la recherche sur les sénolytiques et d’autres moyens d’influencer plus spécifiquement la sénescence cellulaire progresse.
Les cellules zombies en bref
Les cellules zombies sont des cellules sénescentes qui ont cessé de se diviser mais restent présentes dans le corps. En vieillissant, elles peuvent s’accumuler et libérer des substances qui affectent les cellules et tissus environnants.
L’exercice et un mode de vie sain sont associés à des changements favorables des marqueurs de sénescence. Par ailleurs, la restriction calorique et des substances comme la quercétine et la fisétine sont étudiées pour leur influence possible sur les cellules sénescentes.
La sénescence cellulaire est ainsi devenue un domaine de recherche important dans la longévité et le bien vieillir.
Références
- Birch J, Gil J. Senescence and the SASP: many therapeutic avenues. Genes & Development. Sur les fonctions utiles et néfastes de la sénescence cellulaire et du SASP.
- Gasek NS, et al. Cellular senescence: a key therapeutic target in aging and diseases. Ageing Research Reviews. 2022. Sur l’accumulation des cellules sénescentes, le SASP et leur lien avec le vieillissement.
- Chen XK, et al. Is exercise a senolytic medicine? A systematic review. Aging Cell. 2021;20:e13294. Revue systématique de l’exercice physique et des marqueurs de sénescence cellulaire.
- Aversa Z, et al. Calorie restriction reduces biomarkers of cellular senescence in humans. Aging Cell. 2024;23:e14038. Analyse chez l’humain dans le cadre de l’étude CALERIE.
- Hickson LJ, et al. Senolytics decrease senescent cells in humans: Preliminary report from a clinical trial of Dasatinib plus Quercetin. EBioMedicine. 2019. Petite étude pilote chez l’humain d’un traitement sénolytique.